Quand on parle de parentalité, on pense souvent à une famille “classique” hétéro-parentale : un père, une mère, un enfant. Ce modèle reste la norme sociale. Sauf qu’il n’est pas le seul et qu’il discrédite encore trop souvent les autres réalités : familles homoparentales, recomposées, multiparentales… Pourtant, toutes ces familles méritent la même reconnaissance et le même soutien.
Et même dans l’hétéro-parentalité, tout n’est pas simple. Beaucoup de mères racontent une fatigue immense, une charge mentale qui explose, tandis que les pères peinent encore à trouver leur place. Pas parce qu’ils ne veulent pas profondement, mais parce que tout un système continue de tourner autour du duo maman-enfant.
Des habitudes bien ancrées
Historiquement, le père a été assigné à l’autorité, au travail, au rôle de “chef de famille”. Les institutions (maternités, crèches, PMI) ont longtemps organisé leurs pratiques autour des mères, laissant le père dans l’ombre. Résultat : même aujourd’hui, beaucoup de femmes portent la majorité des tâches domestiques et parentales, pendant que les pères se retrouvent spectateurs (malgré eux).
Et pourtant, les papas en ont envie !
La société change, et les attentes aussi. De nombreux pères veulent s’impliquer différemment : porter, bercer, rassurer, être là au quotidien. Mais pour qu’ils y arrivent, il faut leur laisser une vraie place et sortir des stéréotypes de genre.
Un papa impliqué, ce n’est pas seulement un soutien à la maman : c’est aussi un lien unique pour l’enfant, fait de sécurité, de tendresse et de confiance et c’est TOUT son rôle aussi.
Ce n’est pas qu’une affaire de couple, c’est une affaire collective
Encourager une répartition plus égalitaire, ce n’est pas seulement une histoire de bonne volonté individuelle :
- c’est repenser les pratiques professionnelles (arrêter de ne s’adresser qu’aux mères ou d’appliquer un schéma hétéronormatif sur toutes les schémas familiaux),
- c’est élargir nos représentations (reconnaître toutes les formes de parentalité comme légitimes),
- c’est aussi transformer nos politiques publiques (congés parentaux mieux partagés, organisation du travail plus souple).
Dans mon accompagnement, les pères et les co-parents comptent
En tant qu’infirmière et accompagnante périnatale, je m’attache à ce que les pères et les coparents soient inclus dès le départ. Pas comme “aidants”, mais comme parents à part entière, quelle que soit la configuration familiale.
Dans mes soins bien-être, mes accompagnements à l’allaitement ou mes soins postnataux, je crée un espace qui reconnaît la diversité des familles et qui donne aux parents une place unique, active et légitime.
Et si on changeait la donne ensemble ?
La répartition des tâches parentales ne changera pas du jour au lendemain. Mais en soutenant les pères, en valorisant toutes les formes de parentalité, et en cessant de considérer l’hétéro-parentalité comme le seul modèle de référence, on peut construire une parentalité plus équilibrée, plus inclusive et plus douce.
Parce que chaque enfant mérite des parents (au pluriel) reconnus, soutenus et fiers de leur rôle.
