La culpabilité fait souvent partie du quotidien des parents.
Elle s’invite sans prévenir, s’accroche à de petites décisions comme à de grands choix et finit parfois par occuper une place bien trop grande.
Beaucoup de parents pensent être seuls à la ressentir. En réalité elle traverse presque toutes les parentalités, à différents moments ou sous différentes formes.
Devenir parent, est-ce devenir responsable de tout ?
Devenir parent, c’est donner la vie ou accueillir un enfant. Mais c’est aussi, d’une certaine façon, l’exposer au monde, à ses joies comme à ses risques. Certains parents portent alors une idée lourde à vivre : si je l’ai fait entrer dans ce monde, je suis responsable de tout ce qui peut lui arriver.
Cette pensée peut être envahissante. Elle transforme l’amour en vigilance constante et la responsabilité en fardeau. Or, aucun parent ne peut protéger un enfant de tout et vouloir le faire coûte souvent très cher intérieurement !
Prendre soin n’est pas culpabiliser
Se sentir concerné par son enfant, attentif à ses besoins, impliqué dans son bien-être, c’est sain. Cette sollicitude est une force. Elle pousse à ajuster, à réparer, à soutenir.
Le problème apparaît lorsque cette responsabilité devient excessive :
- quand chaque difficulté est vécue comme un échec personnel,
- quand la moindre erreur prend des airs de faute,
- quand l’imperfection n’a plus le droit d’exister.
À ce moment-là, on ne prend plus soin : on se juge.
La spirale : culpabiliser… puis culpabiliser de culpabiliser
La culpabilité a tendance à se multiplier toute seule.
On se reproche de trop en faire, de ne pas assez relativiser, de ne pas vivre la parentalité « comme il faudrait ».
Alors une nouvelle couche s’ajoute :
Souvent les parents me disent : « D’autres y arrivent mieux que moi », « Je devrais être plus détendu », « Je n’ai pas le droit de me plaindre ». Vous vous sentez alors anormal et pourtant ce ressenti est extrêmement courant.
Chaque parent pense être le seul à douter autant, à se sentir dépassé, à ne pas correspondre à l’image du « bon parent ».
D’où vient-elle vraiment ?
La culpabilité parentale n’a pas une seule origine. Elle est souvent liée :
- aux messages reçus dans l’enfance,
- à la pression sociale autour de la parentalité,
- à l’idée que le bonheur de l’enfant dépend entièrement de son parent,
- à la peur de mal faire ou de reproduire certaines choses.
Ce n’est pas un manque de compétence. C’est le signe d’un investissement affectif fort parfois trop lourd à porter seul et je le comprends.
Accepter l’ambivalence
La parentalité est un chemin plein de contradictions… Aimer son enfant profondément et avoir besoin de souffler.
Être engagé et fatigué mais se sentir chanceux et parfois dépassé.
Ces contradictions font partie de la parentalité et les accepter peut donner un peu d’air.
Pour ne plus se pourrir la vie
Il ne s’agit pas de faire disparaître la culpabilité… ce serait trop facile…mais de changer la relation que l’on entretient avec elle :
- La voir comme un signal plutôt que comme une condamnation.
- Se demander ce qu’elle raconte de nous, de notre histoire, de nos peurs.
- Remplacer la perfection par quelque chose de plus humain et tenable.
- Accepter que l’on puisse aimer profondément sans tout contrôler.
Être parent, ce n’est pas être irréprochable.
C’est avancer avec ses doutes, ses ajustements, ses imperfections et suffisamment de présence et de lien pour que cela fasse sens.
